Trois techniques d'animation utiles pour les consultant·es

Depuis que j'ai rejoint OCTO Technology il y a quelques années, quand je me présente professionnellement je dis que je suis "consultant". Avant ça, j'ai travaillé chez des éditeurs de logiciels et je me présentais comme "programmeur".

Après ce bref regard dans le rétroviseur, voici quelques raisons de me dire consultant aujourd’hui, et trois techniques d’animation simples et souvent connues, mais qui continuent de m’aider au quotidien.

Ce qu’être “consultant” veut dire pour moi

Quand je dis "consultant", dans mon contexte ça veut dire "consultant en informatique". De même, quand je dirai “prestataire”, je pense à “prestataire de services informatique”.

C'est un peu plus précis, mais "informatique", ça reste vague. Et pourquoi "consultant", et pas "prestataire" par exemple ?

Consultant·es ⊂ Prestataires ⊂ Programmeur·ses

Le premier point auquel je pense, c'est que dans mon contexte, celui des missions de delivery logiciel, les prestataires sont aussi des programmeurs et programmeuses, et les consultant·es sont aussi des prestataires. Je simplifie, car chez OCTO on a des consultant·es qui ne font pas ou peu de programmation. Par exemple des Architectes, UX, Product Owner, Coach, ...

Variété des missions

En tant que consultant ou prestataire, je peux intervenir sur un plus grand nombre de projets, car mes missions évoluent plus fréquemment. À l’inverse, une personne interne reste généralement plus longtemps sur un même projet

Cela me donne aussi l’opportunité de collaborer avec des équipes variées, d’élargir mes perspectives et de découvrir différentes façons de travailler.

La diversité des missions me permet d’apporter un regard neuf, complémentaire de celui des personnes en place, qui peuvent parfois ne plus percevoir certaines incohérences avec le temps.

Je peux ainsi introduire des idées nouvelles au sein d’une équipe ou, au contraire, confirmer des constats déjà établis; les deux étant utiles.

En revanche, changer trop souvent de projet peut limiter la visibilité sur les effets à long terme des décisions prises. C’est pourquoi je veille à alterner entre des missions courtes et des missions plus longues, afin de trouver un équilibre qui me convient.

Les consultant·es sont consulté·es

Une autre conséquence de la variété des missions, qui modifie la posture classique de prestataire, c'est qu'en tant que consultant, on me consulte. En plus des missions de delivery, j'ai régulièrement l'occasion de faire des missions où on me demande mon avis sur différents sujets. Par exemple des audits de code, des revues d'architecture, des cadrages de missions. Je donne également des formations à des groupes.

C'est alors d'autant plus important pour moi d'être capable d'écouter (ne pas oublier cette partie !), d'expliquer, de vérifier qu'on se comprend le mieux possible, et de donner mes recommandations (ça en général on s'en souvient bien).

Nota bene : ça ne veut pas dire qu'en tant que prestataire ou programmeur je ne donnerais pas mon avis et que je ne vais pas écouter ou donner des conseils, mais ça veut dire qu'en tant que consultant, on a plus souvent des missions où cela fait explicitement partie des attentes.

On utilise beaucoup l'intelligence collective

Ce n'est pas forcément plus vrai que dans les autres postures, mais là encore, souvent cela fait explicitement partie de ma mission.

Et comme on arrive avec un regard externe, on prendra plus facilement la posture de facilitateur, avec plus de détachement.

Quand je parle d’intelligence collective, j’ai en tête de nombreux outils ou rituels qui permettent de faire émerger de la compréhension partagée et de l’alignement. Ça va des astuces de facilitation comme ci-dessous, à des ateliers qui peuvent s'étaler sur une journée complète, comme un Event Storming par exemple.

Quelques astuces d’animation pour consultant·es

Voilà une sélection d’astuces très simples. Je les utilise souvent dans mon métier, mais elles ne sont pas exclusives au métier de consultant. Elles seront utiles pour toute activité où l’on travaille à plusieurs et où il est important de se comprendre. Et bien que simples et déjà connues, je les partage à nouveau ici car je vois beaucoup de situations où elles ne sont pas appliquées alors qu’elles pourraient aider énormément.

Commencer par expliciter l'agenda

Quand on commence un travail à plusieurs en synchrone (réunion, atelier…), j'apprécie beaucoup quand on commence par préciser l'agenda, le déroulé à grosse maille, la liste d'étapes qu'on va suivre.

Ça permet aux personnes qui participent de se projeter, de savoir où on en est de la réunion / de l'atelier, et d'anticiper un peu comment elles pourront participer ou ce qu'elles pourront apprendre. Également, de vérifier qu'elles sont au bon endroit et ne vont pas perdre leur temps.

Communiquer les heures de début et de fin

En plus d'avoir un agenda de réunion clair, quand j'anime un travail collectif, je précise le plus tôt possible la plage de temps qu'on s'accorde pour ce travail. Juste après l'agenda par exemple, ou pourquoi pas avant.

J'aime bien préciser également les horaires approximatifs des pauses si le travail dure plus d'une heure trente.

Ça permet aux personnes qui participent de savoir :

  • Qu'on ne rentre pas dans un tunnel sans fin
  • À quelle heure environ elles pourront passer un appel ou aller fumer par exemple
  • Que leur organisation de déjeuner ou de fin de journée est compatible avec ce travail, et de s'organiser tout de suite si ce n'est pas le cas

Ça apporte tout de suite des réponses à des questions que beaucoup de personnes se posent, et ça permet de mieux se concentrer sur ledit travail.

Rendre visible les conversations

C'est dans une formation donnée par Alberto Brandolini que j'ai compris l'importance de ce point, et depuis je ne peux plus le dé-voir.

Parfois, quand on anime un travail collectif, on voit un groupe qui parle beaucoup et qui semble tourner en rond. Dans ce cas, je leur demande de rendre visible leur conversation, de la poser sur une table pour qu'on puisse regarder la même chose ensemble.

Par exemple en écrivant sur des post-its ou un tableau blanc si on est en présentiel. À distance j'utilise Miro, Excalidraw, ou un document texte collaboratif.

Quelques phrases que j'utilise :

  • J'aime bien la façon dont tu viens de dire ça, est-ce que tu pourrais l'écrire ?
  • Comment est-ce qu'on pourrait écrire ce qu'on vient de dire ?

Le fait de rendre cette conversation visible permet aux personnes de vérifier qu'elles se comprennent, de repérer les ambiguïtés, de choisir quoi creuser maintenant, et d'arrêter de tourner en rond.

Conclusion

Dans mon contexte, je suis à la fois consultant, prestataire et programmeur. Et j'ai partagé quelques raisons pour lesquelles ça a du sens pour moi de dire que je suis consultant aujourd'hui. Il y a évidemment d'autres raisons qu'on pourrait lister et beaucoup d'autres définitions du métier de consultant, probablement très différentes de ce que j'ai proposé.

J'espère également que les trois techniques simples d’animation que j’ai rappelées vous seront utiles pour vos réunions et ateliers. Demandez l’agenda et la durée s’il n’y en a pas en début de réunion, et quand vous détectez une conversation intéressante qui tourne en rond et qui échappe aux prises de notes, demandez à rendre la conversation visible.